Philippe l'avait rêvé ... il l'a fait ... au bout de sa furieuse volonté ...
- 15 mai 2018
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Depuis qu'il avait marché sur cette terre Andalouse il y a quelques années: Philippe était tombé sous le charme de ces étendues de prairies, ces montagnes rocailleuses, ces collines verdoyantes... Amoureux d'un mode de vie, de ces Ibères qui lui ressemblent tant, qui lui rappellent ce qu'est la fraternité, un sens du bonheur simple, le sens de la camaraderie, de la ferveur et de la joie de partager la chose humaine sans forcément partager la même langue... à part quelques mots, quelques gestes ou quelques rires vrais et sans faux semblant.
Philippe était revenu sur ces terres comme toute notre tribu à l'été 2014, il était revenu pour être "un" parmi nous tous... surement fier que sa femme ait un peu de sang Andalou en elle , tout autant que son fils Raoul, lui aussi un peu Andalou par l'ascendance de sa mère. Alors Philippe a cultivé l'amour de ce coin d'Espagne sans vraiment expliqué pourquoi mais simplement parce que son passage dans les ruelles de Ronda l'ont pénétré au plus profond de lui même de la beauté d'un village où respire le bien être, où l'on domine au lointain, tout en haut d'un pont majestueux: un air vivifiant qui embaume le corps et l'esprit autant que les yeux se remplissent de larmes de joies par la simple magie du sentiment de se sentir si bien, même si... si loin de son quotidien.
Il parait que les images réelles des endroits que l'on croise et de ceux que l'on aime... apporte une espèce de sérénité à l'âme, une fierté de se sentir comme adopté ... en voyant tous ces gens t'accueillir à se mélanger à toi comme un des leurs. Philippe a la joie simple, sans excès, si ce n'est celle de sa passion et de sa sincérité.... Alors il s'était dit qu'un jour, il viendrait participer à quelque chose qui l'identifierait comme un habitant, un participant, un sympathisant et un aimant de ce bout de terre Andalouse.
Il prit rendez vous avec une course, avec une souffrance... histoire de rendre hommage à ce coin du sud de l'Espagne, de tester sa volonté et une forme de "jusqu'au boutisme" .. et ce jour arriva en ce beau jour de Mai 2018... tel un légionnaire en mission où non sans mal, il trouva un dossard pour porter son orgueil et décupler un plaisir ancré au plus profond de lui. En ce 11 mai, son dossard portera le numéro 4935 au départ de l'Ultra trail de Ronda, long de 101 kilomètres... Oui, trois chiffres pour une conquête, pour un exploit, un besoin, presque un sacerdoce, presque une folie, plus de 100 kms à donner son corps à l'extrême, à défier l'épuisement, à toucher l'infini si loin à défaut du ciel si haut ... à se prouver à soi même que le mental permet de gravir parfois la plus haute altitude comme traverser le plus grand des océans pour un nageur déjanté. Philippe a choisit le coeur à la raison, l'effort au repos, la dureté à la douceur, la sueur aux larmes... Et qu'importe le temps et le chrono... seulement partir d'une ligne, anonyme au milieu d'un tsunami de gens généreux... et en franchir une autre un tout petit peu plus loin ... à quelques 101 kilomètres, histoire de gouter à l'ivresse d'un bonheur simple, d'un moment unique, insensé, radieux et si gratifiant pour l'esprit!

Au loin, en d'autres terres Bourguignonnes, les nombreux supporters que sont sa famille lui ont envoyé leurs ondes les plus positives possibles, une poussette dans le dos de temps en temps, un verre d'eau fraiche sur sa casquette, l'assurance de notre présence comme une dope plus forte que tous les corticoïdes artificiels et dangereux. Philippe s'en est inspiré, s'en est servi, il s'est senti porté, il terminera à genoux mais il terminera... comme une promesse, comme une mission, une obligation, un devoir, un honneur personnel!
Dix huit heures et treize minutes après qu'il prit le départ parmi une meute immense; après qu'il s'en s'en alla avec l'incertitude de cette drôle d'aventure... il franchissait la ligne la plus désirée de toute sa vie ... au moment où à 2000 kms de lui, nous dormions tranquilles dans nos lits douillets et l'aube d'un nouveau jour pointait au petit matin et prenait la place d'une nuit de folie... à courir dans l'obscurité en quête d'un Graal qui n'a pas de prix!
Une ligne Éternelle !
Bravo Philippe! Bravo pour ce moment, Bravo pour tes 4000 kms de train, Bravo pour la fierté laissée comme autant d'empreintes en nous, Bravo pour la trace laissée, pour le sentiment éprouvé ... et Merci de l'avoir fait pour que nous en soyons un peu tous, quelque part héritiers de ta performance comme un exemple d'abnégation, de courage et de dépassement de soi.
Tu méritais bien ce comité d'accueil à la Gare TGV
La juste récompense et reconnaissance de TOUS :










































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