Confidences de Coach ... Valeurs issues de la Famille...
- 10 oct. 2017
- 4 min de lecture

De sa relation complice avec Philippe Hervé à ses huit ans et demi à Boulogne-sur-Mer, en passant par son arrivée à Orléans, Germain Castano, 45 ans, évoque sa carrière sans langue de bois. Comme toujours.
Germain Castano était un dunkeur fou. Oui, vous avez bien lu. Cet arrière de seulement 1,84 m avait une sacrée détente : « C'est vrai que j'avais de grosses qualités athlétiques. » Le souvenir d'un dunk en particulier ? « Je me rappelle du match de la montée avec l'Élan (Chalon) où j'ai fini une contre-attaque sur un alley-oop. Ce sont des moments sympas. » Ses joueurs doivent forcément être fiers de jouer pour un coach dunkeur : « Je n'ose pas leur dire ! Et si, dans la conversation, j'en parle, et bien ils se foutent de moi ! »
C'est donc à Chalon-sur-Saône que Germain Castano et ses dunks ont décollé. Aux côtés d'un certain Philippe Hervé, bien connu du côté d'Orléans : « Quand je commençais ma carrière, lui la finissait. J'ai joué deux années avec lui. J'avoue qu'on a passé pas mal de temps sur du travail individuel. Il me passait le relais. C'était intéressant. Et intéressant ensuite de passer deux ans sous ses commandes. J'aime sa façon de voir le basket. »

« Qu'ils lâchent les chevaux »
C'est Kyle McAlarney qui a soulevé l'analogie en expliquant que les systèmes de coach Castano ressemblaient beaucoup à ceux de Philippe Hervé : « Quand on devient entraîneur, on fait sa petite cuisine à sa sauce mais ce qu'on a bien aimé en tant que joueur, on le chope », sourit le coach. « J'en ai pris chez Philippe Hervé, chez Erik Lehmann, chez Alain Thinet. C'est vrai que le côté tactique en attaque chez Philippe Hervé ou Charlie Auffray (Mulhouse) était très fin. Ça me ressemblait beaucoup. J'ai de très bons souvenirs avec Philippe. »
Venons-en maintenant à la philosophie de jeu de Germain Castano et à ses fameuses « sept secondes de liberté » : « C'est simple. Je donne beaucoup de liberté aux joueurs en début de possession. Ça ne veut pas dire que c'est le cirque. À partir du moment où on prend la possession du ballon, je donne comme liberté les sept premières secondes à mes joueurs. Qu'ils lâchent les chevaux. La seule consigne que je leur donne, c'est où ils doivent courir sur le terrain. Je leur explique que s'ils n'ont rien trouvé sur les sept premières secondes, tout ce qui reste après (les dix-sept autres secondes), c'est pour moi. »
Mais on ne peut pas évoquer Germain Castano sans évoquer Boulogne-sur-Mer. Qui représente un pan important de sa vie : « Je suis très content de parler de Boulogne. Parce que ça me tient à cœur. Quand j'y suis arrivé, ils étaient avant-derniers de N1æ Je me rappelle avoir eu un rendez-vous avec le coach précédent, Olivier Bourgain, qui est mon ami, et le président. Et ce dernier m'avait dit qu'il fallait absolument qu'on se maintienne en N1. Non seulement on s'était maintenu mais on était monté en ProB. Une spirale positive s'était enclenchée. »
S'ensuit alors de belles saisons, une montée en ProA, une demi-finale de Coupe contre Nanterre, une victoire au buzzer contre Strasbourg « J'ai bien senti que ce club était particulier. Parce qu'il savait être performant tout en étant très familial et très humain. Les gens du Nord m'ont énormément touché parce qu'ils me ressemblent. Au club, il y avait des gens en or comme Cédric Colbaut. L'état d'esprit était extraordinaire. »
« Les gens du Nord m'ont énormément touché »
La fin est moins souriante. Après une défaite contre Rouen le 23 décembre 2016, Germain Castano est limogé. Une information qu'il apprend par les journalistes après le match… : « C'est regrettable parce que je n'ai pas coaché huit semaines ou huit mois à Boulogne-sur-Mer, mais huit ans… Avec le président (Jean-Pierre Desgardin), on avait eu des rapports privilégiés. Je ne lui en veux même pas. J'ose espérer que c'était une maladresse et un manque de communication. Sur le moment, je me suis senti blessé et humilié. J'ai plombé un peu le Noël de ma famille… »
Après ce traumatisme, il a donc rejoint cet été un club qui en a connu un aussi : l'OLB. « On sent que ce club a été traumatisé la saison dernière », concède-t-il. « J'essaye de comprendre ce qui s'est passé sans oublier que ce n'est pas mon histoire à moi. Mais, on peut vite remettre des sourires sur le visage des gens. Mon objectif, c'est ça. Je crois à la performance tout en étant dans un club plus gai et plus souriant. C'est utopique ? Non. Parce que je l'ai vécu pendant huit ans et demi. Avec beaucoup moins de moyens qu'à Orléans. Je suis intimement persuadé qu'on peut travailler en mettant un peu plus d'humain. Moi, je suis venu à Orléans pour vivre une très belle histoire. Ça va peut-être faire rire les gens mais je m'en fous. » Du pur Castano dans le texte. L'entraîneur parfait pour repartir à la conquête du public orléanais cette saison.
GERMAIN CASTANO
Né le 16 décembre 1971 au Creusot. 45 ans.
Carrière de joueur. Torcy, Prissé, Curgy N4 (1991-92), Chalon N2 puis ProB (1992-95), Cholet ProA (1995-96), Chalon ProA (1996-97), Besançon ProA (1997-01), Mulhouse ProB (2001-04).
Carrière de coach. Mulhouse ProB assistant (2004-05), Besançon ProB, ProA (2005-07), Saint-Quentin ProB, Limoges ProB assistant (2008-09), Boulogne N1, ProB, ProA (2009-16), Orléans ProB (2017-…).
Palmarès. Champion de France de N2 1994 (joueur), champion de France de ProB 2014 (entraîneur).
Alban Gourgousse










































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